Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 18:53

numérisation0005Emile Kesteman (Nos lettres, novembre 2007):

L'auteure, qui est germaniste sortant de l'Université de Liège et interprète pour un organisme international, s'est avec bonheur aventurée dans le monde de la poésie anglo-saxonne.

 

Renée Laurentine (Reflets, Mars-Avril 2008)

L'auteure de ce petit recueil en langue anglaise est d'origine belge et publie aussi, et principalement, des textes en français (entre autres, Les subterfuges du vent, chez le même éditeur). Etant moi-même traductrice, je découvre avec ces Orange fruits... la justesse de ce vieil adage selon lequel tout traducteur est un traître (Traduttore/Traditore) ! pour convertir ces superbes poèmes en français, il faudrait en réalité les transformer... ils deviendraient « autres » ! En effet, si l'on peut traduire les mots, on ne pourra pas rendre exactement les finesses du vocabulaire, la cadence des vers dans leur forme originale. L'anglais est généralement plus « bref » que le français. Dès lors, une « adaptation » risquerait d'éliminer bien des échos subtils, des alliances de mots, des constructions parfois parties intégrantes de la « poétique » du recueil, de son rythme très spécial. « Les oranges poussent sur les rosiers », pourrait-on proposer pour une version française, mais l'on y perdrait la « musique » de ce beau titre anglais où  se révèlent les affinités secrètes, les liens profonds, mais parfois invisibles, entre êtres et choses.

 

Ces textes nous présentent des états d'esprit, des impressions, des sentiments, voire des révélations. L'auteure pénètre au coeur des êtres, des paysages, des émotions, dont elle découvre la vérité intime, parfois cachée. Ses images, toujours hors du commun, frappent juste. Ce sont des points de rencontre entre de supposés contrastes, sous des apparences plutôt familières. Dans ce monde poétique, les oranges poussent sur les rosiers, les sourires passent en fraude à travers les barricades, un coeur se fane et une rose se met à battre... Parallélismes ou divergences, bien des évocations se répondent, mais le plus souvent ces images seraient intraduisibles telles quelles.

 

Pascale Lora Schyns est très sensible aux « sonorités » des poèmes, dans des vers qui, cependant, n'ont rien de classique. Page 29, on note les « échos » de mots commençant par un « w »,  ou de mots se terminant par « ing » (signe anglais de participe présent). C'est ici, parmi d'autres, un exemple de « rimes » ou du moins de ce qui, en français, correspondrait aux rimes de jadis. Ici, ce n'est pas nécessairement en fin de vers que l'on découvre des échos. D'autre part, existent aussi des « correspondances », sortes de     « rimes » idéologiques entre choses et sentiments, plutôt que rimes sonores.

 

Le sujet de chaque poème est généralement simple, mais c'est l'ambiance créée par l'auteure, le                « renouvellement » d'un thème connu, et par-dessus tout, la forme de l'expression, qui font de ce recueil un petit chef-d'oeuvre moderne. Remarquable aussi, la relative simplicité des sujets traités, voire métamorphosés - par de subtiles techniques.

 

Je terminerai mon commentaire en me risquant à traduire le dernier texte du recueil qui, malgré sa relative amertume et un brin d'impertinence, frappe comme un « clin d'oeil » de l'auteure à son lecteur:

 

 

Six jours

 

puis le septième

 

celui qui rend la vie

 

digne d'être vécue

 

Six jours

 

et un  septième

 

pour ressusciter d'entre les morts

 

pour atteindre la fin

 

Merci.

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0

commentaires